Santé & alimentation

Tiques et piroplasmose du chien : prévenir, retirer, reconnaître les signes

Santé & alimentation · Publié le 2026-10-24

Une tique aux pattes rousses posée sur le bout d'un doigt, en gros plan
Une tique du genre Dermacentor, celui qui transmet la piroplasmose du chien en France (ici une espèce américaine). Photo : Jerry Kirkhart, Wikimedia Commons, CC BY 2.0.

Une promenade en forêt, un pique-nique dans les hautes herbes, et le soir une petite boule grise accrochée derrière l'oreille du chien. Les tiques sont un risque quotidien pour les chiens qui sortent, et pas seulement l'été. Certaines transmettent des maladies graves, au premier rang desquelles la piroplasmose. Voici comment s'en protéger, les retirer correctement et reconnaître les signes qui imposent une consultation.

Les tiques, comment ça marche ?

Les tiques sont des acariens qui se nourrissent du sang des animaux et des humains. Elles attendent leur hôte dans la végétation (herbes hautes, broussailles, lisières, sous-bois), s'y accrochent au passage, puis se fixent sur la peau pour un repas qui peut durer plusieurs jours. C'est pendant ce repas qu'elles peuvent transmettre des agents pathogènes. Plus une tique reste fixée longtemps, plus le risque de transmission augmente : d'où l'importance d'inspecter le chien au retour de chaque sortie.

Les tiques sont actives une grande partie de l'année en France ; les périodes de douceur et d'humidité du printemps et de l'automne sont souvent les plus marquées, mais une journée douce d'hiver suffit parfois. L'Anses, dans son analyse des risques liés aux tiques du genre Hyalomma publiée en 2023, recommande notamment d'éviter autant que possible les zones infestées, de porter des vêtements couvrants et de s'inspecter au retour des zones à risque pour retirer au plus vite les tiques : le même réflexe vaut pour le chien.

La piroplasmose, maladie numéro un

La piroplasmose du chien, aussi appelée babésiose, est due à un parasite microscopique du sang, Babesia canis, qui détruit les globules rouges. Selon l'INRAE, les piroplasmoses canine et équine sont transmises par des tiques du genre Dermacentor et figurent parmi les maladies majeures en France, mortelles pour les animaux si elles ne sont pas traitées.

Signes qui doivent alerter

Ces signes, surtout dans les jours ou semaines qui suivent une sortie en zone à tiques, imposent de consulter rapidement : la maladie peut évoluer vite.

D'autres maladies transmises par les tiques existent chez le chien, comme l'ehrlichiose (transmise notamment par la tique brune du chien), l'anaplasmose ou la maladie de Lyme. Leur diagnostic relève du vétérinaire.

Retirer une tique correctement

  1. Ne rien appliquer avant : ni éther, ni alcool, ni huile, ni flamme. Ces « astuces » peuvent faire régurgiter la tique et augmenter le risque de transmission.
  2. Utiliser un tire-tique (petit crochet vendu en pharmacie ou chez le vétérinaire) : on le glisse sous la tique, au ras de la peau, puis on tourne doucement en tirant légèrement, sans écraser le corps.
  3. Vérifier que la tique est entière. Si la tête reste, ce n'est pas dramatique, mais surveillez la zone ; demandez conseil si elle s'infecte.
  4. Désinfecter la peau et se laver les mains.
  5. Noter la date et surveiller le chien les semaines suivantes.

Les tiques peuvent aussi piquer les humains : manipulez-les avec précaution, et appliquez les mêmes règles d'inspection à toute la famille après une sortie en nature. L'INRAE mène avec le programme participatif CiTIQUE une collecte de signalements de piqûres et de tiques, qui aide la recherche sur ces maladies.

Prévenir

L'inspection, geste de base

Au retour de chaque promenade en zone à risque, passez la main à rebrousse-poil sur tout le corps du chien, en insistant sur la tête, les oreilles, le cou, les aisselles, l'entrejambe et entre les doigts. Une tique non encore fixée se retire facilement ; une tique fixée depuis peu a eu moins de temps pour transmettre quoi que ce soit.

Les antiparasitaires externes

Le ministère de l'Agriculture recommande de traiter régulièrement son animal contre les parasites, dont les tiques. Il existe plusieurs formes (pipettes, comprimés, colliers) dont l'efficacité, la durée d'action et les précautions diffèrent. Nous ne recommandons aucun produit : le choix se fait avec le vétérinaire, en fonction de votre région, du mode de vie du chien, de son poids, de son âge et des autres animaux du foyer (certaines substances destinées au chien sont toxiques pour le chat). Respectez scrupuleusement les doses et le rythme indiqués.

La vaccination contre la piroplasmose

Un vaccin contre la piroplasmose à Babesia canis bénéficie d'une autorisation de mise sur le marché, d'après la base des médicaments vétérinaires de l'Anses. Il ne dispense pas des antiparasitaires, mais peut être proposé aux chiens très exposés. Sa disponibilité a toutefois connu des ruptures ces dernières années, signalées par l'Anses. Parlez-en à votre vétérinaire, qui connaît la situation locale.

Adapter ses balades

Privilégier les chemins dégagés plutôt que les herbes hautes et les sous-bois denses, éviter de laisser le chien fouiller les broussailles en période de forte activité, tondre régulièrement le jardin : ces gestes réduisent l'exposition sans priver le chien de ses sorties.

Et les autres parasites ?

Les puces, les vers intestinaux et, dans le Sud, les phlébotomes vecteurs de la leishmaniose font partie du même calendrier de prévention. La leishmaniose fait l'objet d'un article à part. Pour un chien âgé ou fragile, une piroplasmose est plus mal supportée : voir notre article sur le chien âgé. Et en été, les sorties aux heures fraîches limitent à la fois la chaleur et l'exposition : voir chien et canicule.

Sources