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Promener son chien en forêt et à la campagne : laisse, saison de chasse et faune sauvage

Sorties, voyages & logement · · Publié le 2026-11-01

Un beagle en harnais vert, tenu en laisse, se tient sur une pelouse en fin de journée
En forêt, la laisse n'est pas toujours obligatoire, mais elle reste le meilleur outil quand le gibier, les battues ou un troupeau sont proches. Photo : Jackson Jost, Wikimedia Commons, CC0.

Un chemin forestier en novembre, des feuilles mortes, un chien qui file le nez au sol : pour beaucoup de propriétaires, c'est la promenade idéale. Elle obéit pourtant à des règles précises, souvent mal connues, et l'automne ajoute ses propres risques avec la saison de chasse. Voici ce que dit la loi, et les réflexes qui permettent de profiter de la forêt et de la campagne sans danger pour le chien, pour la faune ni pour soi.

La laisse en forêt : une règle de printemps, pas toute l'année

La règle la plus citée vient d'un texte ancien, toujours en vigueur : l'arrêté ministériel du 16 mars 1955 relatif à l'interdiction de la divagation des chiens. Son article premier interdit, du 15 avril au 30 juin, de promener des chiens non tenus en laisse dans les bois et forêts en dehors des allées forestières. Cette période correspond aux naissances et à la nidification : un chien qui fouille les fourrés à ce moment-là peut faire fuir une chevrette loin de son faon, ou détruire une couvée d'oiseaux qui nichent au sol.

En dehors de ces dates, et sur les allées forestières toute l'année, la laisse n'est donc pas imposée par ce texte. Cela ne veut pas dire que tout est permis : le même article interdit en toute saison de laisser divaguer les chiens dans les terres cultivées ou non, les prés, les vignes, les vergers, les bois, les marais et au bord des cours d'eau, des étangs et des lacs. Et des règles locales plus strictes peuvent s'appliquer.

Vérifier sur place

Ce que la loi appelle « divagation »

Laisser son chien courir librement n'est pas interdit en soi ; le laisser divaguer l'est. L'article L. 211-23 du code rural et de la pêche maritime considère comme en état de divagation, en dehors d'une action de chasse ou de la garde d'un troupeau, un chien qui n'est plus sous la surveillance effective de son maître, qui se trouve hors de portée de sa voix ou de tout instrument sonore permettant son rappel, ou qui s'en est éloigné de plus de cent mètres. La fiche « Avoir un chien ou un chat » de service-public.gouv.fr rappelle aussi que le propriétaire reste responsable des dommages causés par son animal.

En pratique, un chien en liberté doit donc rester à vue, à portée de voix, et revenir quand on l'appelle. Si ce n'est pas encore le cas, la longe de plusieurs mètres est la bonne solution en attendant que le rappel soit fiable, y compris face à une odeur de gibier.

Pendant la saison de chasse

La chasse se pratique pour l'essentiel de l'automne à la fin de l'hiver, selon des dates fixées chaque année par arrêté préfectoral pour chaque département, avec des périodes différentes selon les espèces et les modes de chasse. C'est aussi la saison des battues au grand gibier (sangliers, chevreuils, cerfs), qui mobilisent des tireurs postés et des chiens courants sur une partie d'un massif.

Les chemins restent en principe ouverts aux promeneurs, mais quelques précautions évitent les mauvaises rencontres :

  1. Se renseigner avant de partir. Mairie, office de tourisme, fédération départementale des chasseurs ou site de l'ONF pour les forêts publiques : beaucoup de communes et de massifs indiquent les jours de chasse, et certains départements prévoient des jours sans chasse.
  2. Respecter les panneaux « chasse en cours » ou « battue en cours » posés aux entrées des chemins : mieux vaut changer d'itinéraire que de traverser une zone de battue.
  3. Se rendre visible, soi comme son chien : un gilet ou un collier de couleur vive (orange ou jaune fluo) distingue nettement un chien d'un animal sauvage dans les fourrés.
  4. Garder le chien en laisse ou tout près pendant les jours de chasse. Un chien qui part sur une piste peut se retrouver au milieu d'une battue, croiser une meute ou se faire charger par un sanglier blessé.
  5. Rester sur les chemins et parler normalement : se signaler est plus sûr que se cacher.

Si votre chien vous échappe malgré tout, restez à l'endroit où vous l'avez perdu, appelez-le sans courir après lui, et prévenez les chasseurs si vous en croisez. Un chien correctement identifié se retrouve beaucoup plus facilement : vérifiez que ses coordonnées sont à jour dans le fichier national, comme expliqué dans notre article sur l'identification et l'I-CAD.

Troupeaux et chiens de protection

À la campagne et en montagne, les chemins traversent souvent des prés où pâturent vaches, moutons ou chèvres. Un chien qui court vers un troupeau, même pour jouer, peut provoquer une panique, faire tomber des bêtes ou séparer une mère de son petit, et les vaches qui protègent leurs veaux peuvent charger. Dans les zones pastorales, des chiens de protection (patous et autres races de montagne) vivent jour et nuit avec les troupeaux et considèrent tout chien inconnu comme une menace.

Respecter la faune, même en automne

Hors période de nidification, le dérangement reste réel. Un chevreuil poursuivi s'épuise, surtout en hiver quand les ressources sont rares, et un chien qui chasse pour de bon peut blesser ou tuer un animal. Les chiens à fort instinct de poursuite (chiens courants, terriers, lévriers, beaucoup de croisés) ne se rappellent pas toujours sur une piste chaude : avec eux, la longe est la règle en forêt, quelle que soit la saison.

Ramassez les déjections près des habitations et des points d'eau, ne laissez pas le chien fouiller les terriers, et évitez les mares et les eaux stagnantes, qui peuvent abriter des agents infectieux ou, l'été, des cyanobactéries, comme nous l'expliquons à propos de la baignade en lac et en rivière.

Les petits dangers de la forêt

Les tiques restent actives tant que les journées sont douces, y compris en automne et en hiver dans les régions tempérées. Inspectez le chien au retour (tête, oreilles, cou, aisselles, entre les doigts) et retirez-les avec un tire-tique, sans les écraser : nos conseils détaillés sont dans l'article tiques et piroplasmose.

Les chenilles processionnaires du pin forment en hiver des nids blancs soyeux à la cime des pins, puis descendent en file indienne à la fin de l'hiver et au printemps. Leurs poils urticants peuvent provoquer de graves lésions de la langue et de la bouche chez un chien qui les renifle ou les lèche : c'est une urgence vétérinaire. Éloignez le chien des processions et des pins colonisés.

Les épillets des herbes sèches, les ronces, les bâtons mâchouillés qui se fichent dans la gueule et les glands ou marrons avalés en quantité font aussi partie des motifs classiques de consultation après une promenade. Un chien qui secoue la tête, se frotte l'œil, boite ou vomit au retour doit être examiné.

Le sac de la promenade

Cet article donne des repères généraux sur des règles qui peuvent varier localement. En cas de doute, renseignez-vous auprès de la mairie, du gestionnaire du site ou de l'office de tourisme ; pour la santé de votre chien, votre vétérinaire reste l'interlocuteur de référence.

Sources